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Vœux 2018 : L’éditorial du Nouvel An

Le piège de l’illusion !

Le spectre de l’illusion est large. Elle est tenace contrairement à l’erreur et se distingue de l’hallucination. L’illusion est définie comme une perception erronée de la réalité. Parmi les plus connues, il y a l’illusion d’optique, l’illusion tactile qui nous fût signifiée par l’expérience d’Aristote, l’illusion visuelle. Mais attardons-nous sur d’autres aspects qui concernent l’illusion mentale, l’erreur de l’esprit, à savoir la croyance erronée, le leurre, la connaissance fausse, mais aussi faire illusion, ou encore la concurrence perceptive. Certes, l’illusion peut trouver sa cause dans les limites de la perception sensorielle. L’illusion propose une traduction subjective, voire phantasmatique. C’est l’attention qui sélectionnerait certaines catégories d’informations et établirait les connexions sensorielles relatives aux opérations de la perception. L’attention va à la rencontre des impressions sensorielles et son objet se trouve ainsi intériorisé et mémorisé. Elle se fixe sur son propre objet, conscient, inconscient, ce qui libère la perception de sa fixation à un objet externe. Mais aussi l’angoisse peut conduire à surveiller attentivement cet objet qui se rappellera ainsi à l’attention.

L’illusion est aussi une infrastructure de la connaissance. Ainsi, Bergson, dans « Essais sur les données immédiates de la Conscience » explique que la mesure du temps est une traduction de l’espace en données temporelles mesurables, vécue concrètement par la conscience. Sur le plan cognitif, c’est une abstraction. Mais pour le ressenti, son invariant ne sera jamais le même. Le temps passe plus ou moins vite. L’illusion opère une transformation d’invariant. Mais elle en conserve sa relation énantiologique. La traduction construit un espace hodologique, conservant mentalement l’invariant de transformation. Ainsi, l’illusion se trouve introjectée. Elle fixera l’attention. La continuité du temps est elle-même une illusion puisqu’il serait ainsi discontinu du fait de la transformation de l’invariant.

L’illusion mentale offre son spectre à la limite de l’hallucination et parfois du trouble mental, ainsi le mythe du double, qui se manifestait dans la pensée de Pythagore, renvoyant au rapport contradictoire entre le bien et le mal, le parfait et l’imparfait… pour expliquer les divisions, les dissensions, et qui est à l’œuvre dans le miroir. Le miroir justement, le Président s’y regarde lorsqu’il nous présente ses vœux. Or, l’illusion traverse la schize de l’œil et du regard. Le prompteur ou la récitation font office de miroir. Prenez-y-garde et ne vous bercez pas d’illusions. La schize opère aussi lorsque l’on écoute et que l’on n’entend pas, que les illusions vous permettent aussi d’affronter l’incertitude d’un mandat. Il faut y croire… et faire croire. Descartes, dans « Méditations métaphysiques » tente de se rassurer ; cogito ergo sum, certes, mais n’empêche que Descartes a ignoré que la conscience est une construction mentale. Pour sûr, une prise de conscience permet de sortir de l’illusion. Le même mécanisme opératoire convertit l’invariant. Les mécanismes de défense inconsciente sont à l’œuvre.  Le misonéisme relève du déni à cet égard.

Dans la littérature, y compris la plus ancienne, le sosie fût souvent traité de manière comique et l’œuvre avait la particularité de traiter de la fabrication d’une tromperie parfaitement intentionnelle. La connaissance de ce procédé fallacieux de communication présentée comme objective, devrait nous conduire à porter notre attention sur les ruses de la raison. Tout y apparaît parfait, étudié, réfléchi, solide, argumenté, raisonnable, logique. Et pourtant… Le « Je » devient le « il » lorsqu’il faut rendre des comptes et se désigner comme responsable. La liberté consiste d’abord à ne pas laisser l’autre vous imposer son idéal qui nous ferait tomber dans le piège de l’illusion. La transformation est d’abord la sienne propre, celle que l’on s’impose par le travail sur ses exigences et désirs, pas celle que l’on nous imposerait, toujours source de désillusions. La cause finale du changement est de cet ordre…

Cher(e)s Adhérent(e)s, cher(e)s Ami(e)s, au nom des membres du conseil d’administration et du conseil scientifique, je vous adresse mes meilleurs vœux pour l’année 2018.

Daniel Bonnet

Président de l’I.P&M

Contribution de jléo Thijssens

Vous voulez être libre, alors parlons  en !

Le piège de l’illusion ! L’illusion étant dans votre esprit définie comme une perception erronée de la réalité, vous insistez sur la prévalence d’une dimension fallacieuse.

En ce qui concerne le phénomène de l’illusion, partons de la définition scientifique: interprétation perceptive erronée de données sensorielles réellement existantes, dûe aux lois mêmes de la perception et susceptible d'être critiquée par le raisonnement. L’objet est réel, la perception existante et c’est l’interprétation cérébrale ou mentale qui crée l’illusion. Aussi, l’illusion n’est autre qu’une production cérébrale ( des différentes facultés du cerveau ) par laquelle le réel perçu est interprété, transcrit sous la forme d’une représentation ( image, perception, langage, pensée, aspiration, rêve…).

L’être humain affronté au réel de son environnement naturel et autres êtres vivants n’entrevoit son salut que par la construction d’un système mental d’illusions grâce auquel il va s’expliquer et arraisonner les évènements et les rencontres de son existence. Rapidement la conscience de l’être va confronter l’humain à l’expérience de la mort, dès lors ce réel inexorable va le hanter et le poursuivre au moindre détour du chemin.

L’illusion apparaît comme une nécessité , une construction fonctionnelle de la nature humaine, qui représente les perceptions de la sensorialité de l’être au monde. La particularité de l’homme réside dans sa capacité sur ce substrat perceptif représenté par les illusions de construire des systèmes de fictions. Pour chacun le poids de l’éducation et des traditions de l’organisation sociale et politique reste un carcan inévitable. Toutefois après la crise de l’adolescence l’être humain a la possibilité d’exercer un choix sur les fictions avec lesquelles il va construire sa conception du monde.

Donc la responsabilité de l’être humain reste entière dans le tri et la sélection qu’il opérera dans les systèmes de fictions en vigueur dans la société dont il devient un membre actif. Les illusions avec lesquelles il cherche à se prémunir découlent de son propre choix d’interprétations qui vont constituer le cœur de ses convictions, préjugés, idéologies, religions. On comprend mieux qu’il y tienne autant à ses illusions-fictions , car elles font partie de son architecture intime, malgré les démentis que pourrait élever le crible de la raison ou de l’Histoire voire de la Culture.

L’illusion est tributaire de nos perceptions d’un monde visible, palpable, odorant, audible, goûteux, propioceptif, intuitif, mental, imaginaire, c’est à dire d’un monde présent ici et maintenant où le réel s’apparente à l’existant.

Comment conjuguer la liberté avec le lest des contingences biologiques, affectives et mentales attachées à l’existence humaine en société ?

Ainsi la volonté de prendre conscience et de se rendre maître de notre système d’interprétations et de fictions apparait comme le premier pas vers une plus grande libération du moi sur le soi. Devenir responsable de la marionnette que nous sommes appelés à gesticuler, ouvre la voie de la faculté d’être libre.

En effet j’ai appris d’un long compagnonnage avec les Ecrits de Lacan à considérer le langage support de l’interprétation comme une catégorie. Cela implique de discerner dans les systèmes de représentation la grande variété de ceux-ci. Comme produit de l’activité cérébrale et en fonction de celle-ci, l’interprétation  prend la forme d’une variété de langages: celui du corps, des émotions, de la pensée… ensuite le langage est codé en systèmes raisonnés comme celui des croyances, des idéologies, des religions, de l’idéalisme, du marxisme, des totalitarismes … Toutes les formes de productions cérébrales  produisent des illusions ,  dont la fonction paraît intimement liée à la protection de l’être-soi dans un environnement social donné.  A ce niveau primordial de l’activité cérébrale, la liberté de l’être est tenue en laisse par notre instinct de survie même en société.

Toutefois, il est un langage qui nous extirpe du donjon narcissique de l’ égoïsme, celui qui nous porte à l' élévation conceptuelle de l’abstraction, le langage mathématique par excellence. Le langage mathématique est le prototype d’un langage dédié à l’abstraction dégagée des exigences instinctives de la vie humaine. L’exemple de la musique, celui de la physique théorique, l’usage qu’en font les scientifiques en général  sont des sources qui soufflent un léger zéphyr de Liberté. Dans cette catégorie n’oublions pas certaines représentations artistiques et surtout l’informatique et la numérisation dont les performances ne cessent de nous étonner dans la robotique, la communication, et demain dans l’intelligence artificielle qui va révolutionner notre mode de travail et la société entière. De tels langages, mais surtout le langage mathématique nous rendent capables, dans une certaine mesure de comprendre la nature bien au-delà de ce que détectent nos sens. Ils nous permettent d’établir que la nature obéit aux mêmes lois partout dans l’espace et le temps, ici ou là-bas, maintenant dans le passé ou le futur, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, du visible à l’invisible, du conscient à l’ inconscient bien au-delà de nos  certitudes perceptives.

La Liberté découle alors comme un signe de notre capacité à l’abstraction, comme un signe de notre capacité à contenir les contingences biologiques du corps pour s’élever dans l’infini intergalactique de l’univers. 

Au delà de la réalité du corps, une nouvelle illusion s’élève celle d’une Liberté éthérée, de pur esprit en communion avec l’Evolution de la Nature et l’incommensurable Univers .

La puissance de l'homme n’est qu’une illusion douloureuse pour les humains, la nature et la planète, l’Homme libre est une illusion personnelle parfois nécessaire à étayer la vocation d’une vie combien émancipatrice pour l’être.

Voilà mon illusion ce matin à laquelle j'adjoins l’illusion de mes Meilleurs Vœux pour vous les membres de votre Association. 

Jléo Thijssens

jleothijs@wanadoo.fr

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Colloque de Marbourg, anonyme, gravure sur bois, 1557

 

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