Colloque I.P&M Novembre 2019

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Colloque International organisé en association avec l'IAE de Metz (Université de Lorraine)

Le CIRERO, l’Association Il Nodo Group (Turin), la Revue Internationale de Psychosociologie et de Gestion des Comportements Organisationnels (RIPCO)

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14 et 15 Novembre 2019
IAE de Metz (Université de Lorraine)

Résistance au changement & Résilience organisationnelle. Mise en perspective du couplage ?

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La résistance au changement est généralement perçue comme un frein, une aversion, voire un obstacle, à la réalisation de projets d’adaptation, dit le plus souvent de changement ou de transformation. Les travaux de la recherche en management sont très importants sur ce thème depuis plusieurs décennies. Ils concernent l’étude des origines, des causes, des formes et les méthodes de la conduite du changement, plus récemment la transformation numérique.

Peu de travaux mettent l’accent sur le conflit des forces ou la régulation des conflits (registre du manifeste qui en son principe a pour objet de faire se rencontrer), et moins encore inscrivent leurs recherches dans le registre de la conflictualité (registre de la dynamique psychique en regard de son rapport à son environnement). La résistance suppose de considérer que quelque chose a affecté les acteurs, les conduisant en quelque sorte à se défendre, dont il découle une attitude et un comportement qui s’oppose(nt) et qui propose(nt). Il doit être posé que s’opposent des exigences internes contraires.

Le croisement des disciplines Psychanalyse & Management permet d’apporter un éclairage dans ce registre de la conflictualité, dans l’articulation de ce qui s’oppose et ce qui se propose. La résilience vient à ce titre marquer la transformation dans la relation d’objet, permettant aux sujets de s’approprier les adaptations à réaliser. Corrélativement, la conflictualité a cédé dans l’épreuve de l’attaque des liens et de la destructivité de l’objet, consécutive au changement de la modalité de la relation d’objet. La connaissance elle-même peut progresser, progression nécessaire pour engendrer assimilation et accommodation.

Le concept de résistance fût élucidé en psychanalyse lorsque Freud (1895, 1926) découvrit que les forces à l’œuvre dans la résistance sont celles-là même qui œuvrent dans le refoulement. Il observait que la résistance ne se réduisait pas aux opérations des mécanismes de défense, mais qu’elle pouvait s’élucider si le sujet questionnait ses contre-investissements et mettait ainsi à jour, dans le travail de cure, le transfert négatif. La résistance est une manifestation symptomatique d’attaque des liens dans la psyché donnant à voir les constructions mentales que le sujet ne parvient pas à envisager par lui-même, bornant sa capacité à évoluer. Mais elle est aussi d’ordre cognitive dans la mesure où la résistance est corrélativement celle des représentations et de la pensée. Or cette résistance a aussi des aspects positifs puisqu’elle est celle des structures du fonctionnement mental et intellectuel, des apprentissages, du langage, des conceptualisations, des méthodes… (dire, entendre, lire, compter…), mais aussi de l’affectivité (aimer, ne pas aimer…). Leur transformation requiert un travail réflexif pragmatique en première instance en situation, en abstraction réfléchissante pour des transformations plus élaborées pour un travail en transformation majorante. Dans les deux cas, une ingénierie des dispositifs est à mettre en œuvre, afin engendrer de manière plutôt continue que brutale les transformations économiques et sociales au sein des organisations. Le couplage serait-il donc plutôt de l’ordre de la compatibilité socio-économique que de sa division ? C’est un point de vue à examiner évidemment, des progrès survenant corrélativement de la concurrence ou de la rivalité s’exerçant dans les termes de la fonction contenante ?

Ce Colloque met donc en perspective la problématique du couplage, laissant aux chercheurs l’opportunité de la contextualiser sur la base de leurs recherches propres, afin de montrer ce qui surgit du rapport mis en tension entre les convergences et les divergences.

En management, cela se traduit effectivement par une difficulté à envisager le changement et à le mettre en œuvre. Les travaux de Jung (1964) ont contribué à projeter l’usage de cette conceptualisation dans le cadre des relations sociales. De très nombreux travaux en management des organisations enrichissent cette mise en perspective de la résistance au changement au sein des organisations. Consécutivement, il apparaît que la qualité et l’efficacité du management, consécutivement du fonctionnement de l’organisation, reposent sur un travail d’ordre thérapeutique accompli périodiquement dans ce registre de la résistance au changement. Il est rendu particulièrement difficile lorsque le travail de résistance vise à résister aux résistances (le misonéisme chez Jung, caractéristique d’une résistance radicale). Ce sont des situations que l’on rencontre fréquemment au sein des organisations, notamment dans les environnements où le management est très contraint (modalités de la concurrence et de la rivalité, conditions de la performance et de la compétitivité, modalités de la gouvernance et du management, qualité et efficacité des relations sociales…). D’aucuns s’en étonneront évidemment… jusqu’à ce qu’un évènement conduise à changer le regard ou à se doter du courage nécessaire aux transformations collectives. Car la résistance, radicale s’il le faut, est parfois légitime, notamment pour résister à l’asservissement des sujets subordonnés, aux violences et pour surmonter la souffrance, ou pour résister à la mise en œuvre de décisions ou de projets qui ne convainc pas, ne fédèrent pas... Elle est féconde si le sujet trouve, individuellement et collectivement, les voies de la résilience et de l’émancipation. Il lui faut pour cela s’aider de l’autre ou de l’Autre (par exemple, la connaissance), attendu qu’aucune production y compris scientifique ne suppléait à la cause du manque, l’objet « a » chez Lacan, coextensif à la science dont elle ordonne le développement et l’articulation au savoir, signifiant que le désir lui-même entre en résistance… La résistance est aussi celle du désir…

Le concept de résilience est plus récent. L’objet de ce colloque est de contribuer à promouvoir des travaux de recherche contribuant à montrer comment ces deux concepts de la résistance et de la résilience se couplent et que c’est ce couplage qui contribue à ouvrir les voies de l’expérience managériale, de la conduite du changement et, tout autant, les voies de l’expérience du chercheur, selon que les conceptualisations, les méthodes, les pratiques et les dispositifs le permettent… où plus exactement selon la manière dans les sujets se les approprient, pour changer ou pour résister… À dessein l’usage de certains concepts (Responsabilité Sociale, Entreprise Libérée, Digitalisation du Travail, voire certains concepts de structures comme l’Entreprise à Mission…) pourront être évalués sur le point de vue de leur contribution à la résilience.

Dans le champ de l’organisation, la notion de résilience organisationnelle, qui pourrait aussi désigner son « merveilleux malheur » (Cyrulnik, 1999), caractérise la capacité à s’adapter. Il faudrait souligner qu’elle caractérise plus exactement la capacité d’une organisation à potentialiser et à activer ses capacités à s’adapter tout en résistant à ce qui l’en empêche. Ce qui implique de promouvoir une transformation dans les conjonctions d’opposés des tensions, ce qui désigne une conversion de valence mesurée par un rebond. Cette conversion de valence peut être évaluée dans le cadre d’une approche qualimétrique, y compris financièrement, ce qui n’est pas sans intérêt dans le domaine du management.

Le déni ou la dénégation qui prévalent parfois conduirait-il à penser que l’évaluation qualimétrque serait dangereuse ? La perspective de la transformation dans les conjonctions d’opposés des forces est assez largement oubliée, même quand les méthodologies empruntent au modèle de Lewin. Elle est même parfois recherchée (au sens d’aggravée ou d’abîmée) si l’on veut bien y regarder de près, mais pour quelles raisons exactes ? Quelles sont les intentions et les mécanismes à l’œuvre et dans quel rapport entre la violence et la mesure ?

Une relecture des travaux de Lewin s’impose. Ils montreraient que la conduite du changement relève plus d’une logique éducative visant une application managériale. À dessein, il y a nécessité de promouvoir en management des travaux croisant les résultats de la recherche dans différentes contributions disciplinaires, notamment lorsque celles-ci fournissent des connaissances actionnables (Dolle, 2015 ; Sallaberry et Claverie, 2018). L’I.P&M apporte sa contribution à cet égard.

Nous attendons pour ce colloque des communications qui éclaireront les points de vue hétérodoxes, de part et d’autre. La perspective du couplage de la résistance et de la résilience relève de la ligne éditoriale du colloque. Nous invitons les chercheurs qui ont travaillé leur objet de recherche dans ce couplage, ou sont susceptibles de le mettre en perspective, à faire mieux connaître leurs travaux. Évidemment, des travaux sur l’objet de recherche de la résistance ou de la résilience sont accueillis, car ces travaux nourrissent l’approche critique et contradictoire. 

 

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