JOURNEE DE RECHERCHE I.P&M - MICA AVRIL 2017

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                                                      Journée de recherche I.P&M - MICA, Université Bordeaux Montaigne

                                                                        A la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA) - Vendredi 28 Avril 2017

       Métamorphose(s) du management de l'information et de la communication au sein des organisations et des réseaux. regards croisés par les apports de la psychanalyse

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Le Management de l’Information et de la Communication connaît des mutations importantes qui ressemblent fort à une métamorphose. En première approximation, plusieurs facteurs se lient pour « doper » les transformations, le développement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), le développement de leur usage, le développement économique international, notamment la marche vers la globalisation des échanges et de l’économie (Castells, 1998, 1999 ; Urry, 2003, 2005) … et plus largement le développement des besoins de l’Homme. Ce développement transforme profondément les interactions entre les individus, les groupes, les organisations et les institutions, le développement des territoires. Il est un vecteur de l’innovation organisationnelle et managériale, du développement des réseaux, de la transformation du travail et de l’emploi. Ce développement concerne tous les domaines de l’activité économique et de la vie sociale. Il concerne également l’économie de la connaissance.

Les travaux de recherche, contribuant au croisement des regards selon différents points de vue constitutif d’un objet de recherche, sont encore éparses. Cette journée de recherche vise le croisement des regards à l’aune des apports de la psychanalyse. Les travaux de S. Tisseron contribuent parmi les premiers à mettre en perspective ce développement, notamment à le projeter comme objet de recherche scientifique. Les travaux de J.L. Rinaudo (2009) dans le champ de l’éducation apportent un éclairage à l’aune de la psychanalyse freudienne et post-freudienne (Green, Winnicott). Les travaux dans le champ de la communication au sein des organisation (Gramaccia, 2001, 2005, 2007) confirment le déterminisme de l’action concrète (Austin, 1970 ; Searle, 1972) et montrent que les propriétés illocutoires du langage surdéterminées par l’usage des TIC (Brassac, 1992 ; Gramaccia, 2001).

Dans l’idée de « métamorphose(s) », tout ce qui se transforme donne à voir une certaine réalité du monde, qui ne doit pas échapper au discernement ou à la sagacité.

La métamorphose exprime le changement (meta) de forme (morphê). La métamorphose est une transformation qui engendre une autre forme. Le mot « métamorphose » est un mot d’origine grec, tandis que le mot « transformation » est d’origine latine et se réfère au radical « trans » qui signifie au-delà. C’est l’évocation des changements qui décrit la métamorphose.

Le management et le fonctionnement des organisations sont ordonnées par les mouvements de l’information et de la communication qui font lien. Deux visions de l’information et de la communication s’opposent dans leurs prises de formes, technologique et anthropologique.

La vision technologique, contribue à la construction de la pensée technique. Elle a le privilège des sciences et des techniques… et prévaut dans le management des organisations dès lors qu’elle vise essentiellement la dimension performative. Elle forge l’individu technique, ensemble organisationnel comprenant l’homme. L’information et la communication établissent le rapport entre le sujet et l’objet technique. La transformation des usages (Vieira, 2010) et l’émergence de nouvelles configurations organisationnelles caractérisent les principales métamorphoses. Citons le concept des Réseaux Hybrides d’Intelligence. Selon cette perspective, la technique doit être incorporée à la culture, mais sous réserve qu’elle rende compte de l’acte humain (Simondon, 1989). La métamorphose émerge de l’activité technique. La psychanalyse en éclaire le rapport entre le sujet et l’objet. Mais, l’un et l’autre sont si étroitement liés qu’il peut en résulter une inversion des rôles (Freud, 1915, 1925, 1936 ; Laplanche et Pontalis, 1976). Anna Freud (1946) y voit l’accomplissement de processus défensifs primitifs. Si le refoulement s’opère, toute prise de conscience de cette relation disparaît et le sujet s’accommode. Mais, A. Freud souligne que cet état est celui d’une falsification de la réalité dont la perception et l’interprétation sont restreintes. Le mécanisme de défense à l’œuvre, le plus souvent de type immature, même s’il s’agit d’un processus de sublimation, est toujours pathogène. Sur cet axe de la relation d’objet, les travaux de recherche peuvent questionner les problématiques de l’appartenance, de la relation aux objets et aux espaces transitionnels, de l’identité… des nouvelles formes d’intégration paradoxale de la relation sociale dite de la coprésence sociale (Gramaccia, 2015) et la construction sociale des usages (Vieira & ali., 2005 : Paquienseguy, 2006 ; Proulx, 2015).

La vision anthropologique quant à elle fait resurgir le débat qui a opposé Simondon à Shannon et à Wiener, selon lequel ce qui ferait la différence est la communication. Selon cette perspective, l’individu technique se reconfigure, mais l’homme se défigure (Aubert, 2014). Pour Simondon (1989-2012 : 190), c’est la trans-formation qui informe et qui traduit. La métamorphose s’observe chez les jeunes générations qui s’ajustent aisément aux objets connectés. Le rapport entre l’information et la communication reste encore à explorer.

Nous proposons trois axes sur lesquels la journée de recherche attend des contributions décrivant et analysant des métamorphoses du management de l’information et de la communication éclairées par les apports de la psychanalyse ou par les apports de disciplines connexes se conjuguant avec les apports de la sociologie, de l’anthropologie, de la linguistique et de la sémiologie, de l’ethnopsychiatrie, de la psychopathologie, de la psychodynamique du travail…

Axe n° 1 : La relation entre le sujet et l’objet ou la relation d’objet (RSO) – Sur cet axe, le champ sera plus particulièrement celui de l’individu et des groupes, incluant celui de leurs articulations au sein des organisations, des réseaux et des institutions. Les travaux peuvent contribuer à éclairer les problématiques du management de l’information et de la communication dans la dyade de l’emprise du numérique, tant dans ses aspects positifs que négatifs, la dynamique des collaborations ou/et la résistance.

Axe n°2 : Communication, organisation et société (COS) - Les nouvelles injonctions à coopérer et à communiquer dans les organisations et en société, dans le contexte de la mondialisation et du développement des technologies numériques. Les transformations et les métamorphoses résultent de l’hétéronomie des contextes, de l’emprise économique, financière, sociale, organisationnelle, stratégique. Cet axe se recoupe avec l’axe n° 1 car il permet d’élargir le traitement de problématiques génériques. Le champ plus large permet de traiter des sujets plus englobant, en vue de mieux comprendre le déploiement de proche en proche des transformations, leur institutionnalisation.

Axe n° 3 : Information, connaissance et innovation numérique (ICIN) – Cet axe accueille des travaux portant sur des activités exigeantes en matière de connaissances, de savoirs, de compétences, de procédés. Les exigences appellent de nouvelles combinaisons de connaissances, de nouvelles modalités de collaborations (cf. innovation ouverte) et de nouvelles modalités de gestion et de transmission de la connaissance (Vieira & ali., 2007). Cela concerne tout autant des domaines d’activités traditionnelles qui ont à se transformer, que les domaines de la créativité et de l’innovation qui se déploient peu à peu dans l’articulation de l’économie numérique, de l’économie collaborative, de l’économie de l’information, de l’économie et de l’écologie de la connaissance.

Quel que soit l’axe, une réflexion critique est à envisager. Elle concerne la satisfaction des besoins de l’Homme, parmi lesquels les besoins de l’homme au travail, le comportement organisationnel. Selon cette perspective critique, l’individu technique se reconfigure, mais l’individu hypermoderne, l’homme, se défigure (Aubert, 2014). Toutefois, resurgit le débat qui a opposé Simondon à Shannon et à Wiener (plus largement aux cybernéticiens des différentes générations), selon lequel ce qui fait la différence est la communication. Sur ce plan, les théories de l’information n’auraient jamais abouti, car toutes ces théories ignorent le rapport entre la communication et l’information, dont Simondon pose la problématique dans la critique de l’hylémorphisme, quand bien même il ait considéré que la Gestalt ait proposé une avancée. Pour Simondon (1989-2012 : 190), l’information est la variation de la forme, c’est-à-dire la trans-formation. Ce qui fait dire à Barthélémy (2014) que l’ontologie de l’information comprise comme individuation était écrite. Il faut par-là comprendre que c’est la trans-formation qui informe, traduit par « trans-duction » dans l’épistémologie de Simondon. Si finalement, la définition du mot communication est généralement assez claire, celle d’information ne l’est pas toujours lorsqu’elle se confond avec la fourniture d’une information (ex. Renseignement) ou avec la connaissance.

Cette controverse habite l’éclairage analytique selon d’autres points de vue possibles, par exemple le désir ou l’interdit. Comment comprendre et expliciter cette métamorphose à l’échelle quasi-planétaire qui ne trouve pas son explication dans les seules facilités offertes par l’objet technique. C’est là le champ de l’anthropologie des techniques (Mauss, 1936) qui nous a rappelé que le corps de l’Homme est le premier objet technique. Il a notamment insisté sur l’importance de la transmission des techniques. Citons aussi les travaux de Leroi-Gourhan en ethnologie des techniques. Quant aux controverses historiques entre l’anthropologie et la psychanalyse, elles restent encore du domaine d’un travail qui se poursuit, désormais éclairé par les travaux de l’anthropologie psychanalytique (Freud, Jung, Roheim, Devereux, Assoun, Nathan, Godelier, Favret-Saada, Durand, Goldenweiser, Héritier…), tant celles-ci ont été étayées sur des arguments relevant des rivalités ou de l’ignorance des uns par les autres, plutôt que la recherche de ponts théoriques contradictoires.

 

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